• C’est midi. Je pousse la porte de l’atelier. Je trébuche sur un casque de cosmonaute . Mon nom est inscrit dessus. Bizarre. Je le ramasse, le tourne dans tous les sens. C’est un cadeau du père Noël sans conteste! Sur la place se dresse sa fusée dernier cri. Suis-je invitée à y monter? Je cherche le Père Noël. Je ne vois que des  Gèmenosiens un casque à la main. Est-ce le nouvel équipement anti pollution fourni par la mairie? Une voix m’appelle. Elle sort du casque. Elle me propose de le mettre. Étonnée, rebelle mais aussi curieuse, j’hésite puis obtempère. Peut-être vais-je avoir des informations sur ce pic de pollution soudain. Mais non. Une musique très rythmée envahit mon cerveau et descend jusque dans mes pieds. Un mouvement incontrôlable s’empare de moi. Mes bras et mes jambes ne m’obéissent plus. J’ai beau lutter et essayer d'ôter ce maudit casque , c’est impossible. J’ai l’impression d’être un pantin désarticulé. Ne résiste plus, vois où ce mouvement t’emporte me dis-je. Je me mets à sautiller comme un oiseau en balançant les bras d’avant en arrière. je sens une nouvelle énergie. Bizarre. Dans la rue il y a ceux qui avancent avec la légèreté d’un bon champagne et ceux qui tournent en rond sur eux-même dans une flaque de pipi. Ceux-là ont peur. Mieux vaut sauter de flaque en flaque que barboter dans une mare jaune pestilentielle . Je saute, je saute de plus en plus haut en ne pensant à rien . j’ai envie de rien. J’ai envie de rire. J’oublie toutes mes interrogations. Je m’allège, je m’allège. Telle une montgolfière je monte  dans le ciel. Pas besoin de la fusée du Père Noël. En un clic je me retrouve devant une porte en bois vermoulue. La musique s’est arrêtée. Bizarre. Je quitte mon casque qui se réduit en poussière instantanément. Dans la serrure une clé me fait de l’oeil. Je tends la main, vais-je m’électrocuter? Avec un grincement sinistre la porte s’ouvre sur une crique où gisent des corps. Sont-ils endormis, en état de choc éthylique ou narcotique? Un fou-rire me prend. Je les reconnais. Ils sont tous là pencher sur leur feuille . Je les entends baragouiner, pester, s’amuser, peiner, chercher le bon mot, raturer, griffonner. Un se lève et m’offre un verre d’eau de mer. Pouah, c’est salé et iodé. Je sens mon cerveau s’ouvrir, une vision s’impose à moi. Se dessine le personnage qu’ils sont entrain de créer en vue de leur prochain roman. Ce roman va révolutionner le monde littéraire français. Quelle ambition! Tout est possible. Il suffit d’avoir les bonnes clés. Et nous avons la BONNE CLÉ.


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    Epaules tendues comme un bloc de béton

    Mains chaudes apaisantes 

    Contact délicat comme un pétale de de fleur 

    Accueil en demi fermeture 

    Chaleur pénétrante au cœur des fibres 

    Légère détente de la peau 

    Pétrissage lent des trapèzes enflammés 

    Début d’assouplissement des chairs 

    Palpés roulés le long du dos 

    Une grande vague se déroule jusqu’au creux des reins 

    La pression augmente 

    Pour une remontée tonique 

    Pris dans un mouvement répétitif 

    Les muscles commencent à lâcher 

    La détente s’invite au rendez-vous 

    Le relâcher s’accompagne de soupirs et de bâillements 

    Le cœur s’allège, les yeux s’humidifient 

    La parole se libère dans un grand merci.

     


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    -      Tu peux sortir des glaçons du congélateur ?

     

    -      Oui je peux, mais je n’aime pas.

     

    Rien qu’à l’idée de saisir le moule givré, mes doigts s’imaginent y rester collés et tout mon corps se rétracte dans un frisson d’horreur. C’est comme si la Reine des glaces m’emportait dans son royaume et ne me lâchait plus. Me décoller c’est y laisser ma peau et j’ai peur des douleurs de l’arrachement.

     

    Du bout des ongles, je saisis avec courage le moule en plastique, pas celui en métal, ce serait pire. Et vite sous l’eau chaude. Ouf ça n’a duré que quelques secondes.

     


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    Assise confortablement dans un fauteuil rouge au milieu d’une salle comble, j’écoute Radulovik et la trille du diable entamer la cinquième saison composée après le tsunami au Japon. Les violons m’entrainent au printemps quand les cerisiers fleurissent sur l’ile du soleil levant. Puis c’est l’explosion, la destruction et enfin la lente reconstruction. Je passe de la sérénité au chamboulement de l’effondrement. Le plus émouvant reste le temps de la reconstruction et de l’espoir. La vie revenue vibre dans le son des instruments. Des tonnerres d’applaudissements me ramène en France.

     


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    Du fond du ciel arrive un gros engin dont les bruits d’hélices sont assourdissants et inquiétants. Tout le monde lève la tête pour le voir passer puis atterrir. C’est le premier qui apparaît dans ce coin reculé du nouveau monde. La frayeur se lit sur les visages. Qui va en descendre ? Tous se mettent en marche tels des automates graves curieux et remplis d’appréhension. Leurs pas s’allègent, la curiosité l’emporte. Ils courent puis ralentissent à l’approche de l’inconnu.

     

    Les portes de ce gros objet volant s’ouvrent lentement. L’attente devient insupportable, la tension monte. Puis, avec une grâce aérienne descendent des créatures surprenantes d’une beauté indéfinissable. Elles s’avancent vers le groupe de curieux médusés. Au milieu d’un silence cotonneux s’élève un chant cristallin et évanescent qui plonge chacun dans une ambiance paradisiaque. Certains se sentent appeler à un voyage intersidéral. Ils se mettent en mouvement et pénètrent dans ce navire qui leur ouvre ses bras. Hypnotisés par ce chant de sirènes célestes ils s’assoient sur les sièges et attendent le départ.

     


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